• Casseurs d’enfants

     

    Ils ont oublié

    Leur fragilité 

    Sensibilité

    Toute leur innocence

    Cette candeur immense

    Les casseurs d’enfances

     

    Faut-il pardonner

    S’ils ont enduré

    Il y a des années

    Un père répugnant

    Une mère se voilant

    Les casseurs d’enfants

     

    Comme pour se venger

    D’un trop lourd passé

    Ils veulent faire payer

    Dans larmes et souffrance

    Des anges sans défense

    Les casseurs d’enfances

     

    Détruites pour toujours

    Les envies d’amour

    Souvenirs trop lourds

    Cauchemars permanents

    Visage horrifiant

    Du casseur d’enfants

     

    Gestes irréparables

    Actes impardonnables

    Parents incapables

    De toute indulgence

    Mais désirs de vengeance

    Sur les casseurs d’enfances

     

    Ils savent trop y faire

    Pour bien les faire taire

    Terreur et colère

    Menaces et violence

    La loi du silence

    Des les casseurs d’enfances

     

    Enfant violenté

    que faut-il donner

    pour qu’il ne soit jamais

    Un adulte devenant

    A son tour justement

    Un casseur d’enfants ?


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  • Issue fatale

     

    Un vertige immobile

    M’entraine vers le fond

    D’un tourbillon fragile

    Où se perd la raison

     

    Et la folie s’en mêle

    J’étouffe de l’interieur

    Des images irréelles

    Défilent à cent à l’heure

     

    Je tends les mains très haut

    Personne ne me retient

    Je veux hurler mes maux

    Ma voix ne dit plus rien

     

    Je n’ai plus de pensées

    Je ne sens plus mon corps

    J’ai mal à respirer

    Je me noie dans la mort

     

    Mes oreilles bourdonnent

    Me coupent de ce monde

    Où je n’entends personne

    Que ce fracas immonde.

     

    Je n’ai plus de repère,

    J’ai perdu mes valeurs

    Plus de mère, plus de terre

    Et ma mémoire se meurt

     

    Je veux tout arrêter,

    J’ai si mal, bien trop mal

    Plus rien pour me sauver

    Sinon l’issue fatale

     


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  • Le lit de Râ

     

    L’Astre du jour s’endort dans la blancheur écume

    Laissant, comme un adieu, une clarté étrange.

    Des couleurs arc-en-ciel jaillissent de la brume

    Aussi lumineuses qu’un linceul de soie blanche.

     

    Les doux chants des oiseaux s’éteignent lentement,

    Mélodies clairsemées étouffées par le soir.

    Le cœur de la nature rythme ses battements

    À la clarté du jour qui se voile de noir

     

    Une brise timide au souffle rafraîchi

    Inonde les mâtures des bateaux ondulants,

    Où viennent s’éclater de frêles clapotis,

    Mélopées où se mêlent cliquetis inquiétants.

     

    L’Orient s’est habillé de mousseline brune

    Laissant apparaître de timides lucioles,

    De leur tanière céleste elles s’allument une à une

    Dessinant des chimères où les formes s’étiolent

     

    L’horizon rougeoyant aspire dans sa fournaise,

    La lumière et les bruits qui résistent en vain.

    Le Soleil vient de quitter ce jour qui lui pèse

    Se laissant engloutir par de nouveaux matins

     

    Il brille pour d’autres yeux, s’ouvre sur un ailleurs.

    Il a peint à nos cieux l’encre de son absence

    Pour laisser reposer nos esprits et nos cœurs

    et retrouver demain son unique brillance.


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  • Que je vive après

     

    Lorsque mon âme aura franchi

    Le grand portail de l'autre vie

    Lorsque mon cœur aura fini

    De battre la mesure de ma vie

     

    Lorsque mes yeux seront éteints

    Dans un ultime soufflet de cils

    De mon enveloppe ne jetez rien

    Que mes organes vous soient utiles.

     

    Donnez mes yeux pour que j'y voie

    Donnez mon cœur que je soupire

    Donnez mes reins, donnez mon foie

    Et mes poumons que je respire.

     

    Qui s'aime me suive

    Donnez ma mort

    Pour que je vive

    Encore.


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  • Normandie

     

    Je me suis étendue entre Bresle et Couesnon

    Dessinant mes rivages aux courbes de la mer

    Je renvoie les écumes à ma voisine Albion

    Jalousant mes galets, mes falaises et mes terres.

     

    On me dit de frimas, on m'inonde de pluie

    On me flanque de boue, on me voile de nuages

    Rumeurs ! Mon cœur est doux, agréable et joli

    Quand le bleu de mes cieux illumine mes villages.

     

    Des colliers de maisons dégringolent des collines

    Et serpentent amoureuses, mes rivières tranquilles

    Sur ma peau de verdure quelques vaches ruminent,

    Au loin, dans le couchant, un clocher se profile.

     

    Mes bosquets et mes bois vous révèlent des trésors

    Mes chemins de noisettes font sourire vos sens

    Pour cultiver la vie, je vous offre mon corps

    Mes vallons et mes plaines inventent des romances.

     

    De Cany à Coutances, de Mortagne à Honfleur

    Le murmure des oiseaux, le silence des prairies

    Où se mèlent parfums et valse des couleurs

    La nature est mon sang, mon nom est NORMANDIE.

     

    Prix Paul Labbé - Thiberville (27) - Novembre 1999

    Médaille de Bronze - Concours national Verneuil-sur-Avre (27) - Septembre 2000


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